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Introduction
Interrogeons-nous sur l’avenir de l’Europe et des Européens. Doit-on s'en tenir à une fracture entre deux caricatures avec, d'un côté un souverainisme étroit et, de l'autre un européisme fédéraliste soumis au mondialisme ? Essayons plutôt de trouver une solution alternative positive qui soit claire et définie. Il est toujours possible d’imaginer et de proposer un modèle qui puisse mettre un terme à la querelle légitime à laquelle est sujet l’actuelle construction européenne.
Lorsqu’en mai 2005 les Français et les Hollandais ont dit NON au projet de Traité Constitutionnel, lorsque les Irlandais ont rejeté le Traité de Lisbonne en juin 2008, ils n’ont pas tous dit NON à l’Europe, ils ont demandé que l’Europe se construise différemment.
Pour repenser ce défi d’une grande Europe qui puisse aujourd’hui emporter l’adhésion collective, il y a la possibilité de réfléchir à un projet efficace permettant une protection et une préférence européenne au service des peuples. Un espace sécurisé, rendu possible par la forme confédérale proposée par une définition institutionnelle horizontale claire, laissant leur liberté aux États membres pour mieux traiter des problèmes économiques, sociaux et internationaux tout en leur permettant de faire face, ensemble, aux périls qui pèsent communément sur les Européens.
Proposons une charte ou un traité instaurant une forme de construction européenne intermédiaire qui nous protègerait à la fois d’un super État fédéral ou d’un repli sur soi des nations menant à la destruction de toute construction européenne. La coopération, la solidarité entre les Européens demeure nécessaire tant la mondialisation dénature, assujettit et transforme l’Europe en un territoire sans âme, poussée un peu plus à n’être qu’une zone commerciale parmi d’autres.
Sauver l’Europe du trop-plein bureaucratique, des pièges de la mondialisation ou de l’appétit d’autres grandes puissances réside aussi dans l’espoir d’une nouvelle dynamique. Une énergie nouvelle afin que les peuples européens gardent à l’aube du troisième millénaire la maîtrise de leur avenir et de leur culture en tant que « communauté de destin ». Il est bien trop tôt pour pouvoir imaginer la réalisation d’une nation européenne qui, outre son intérêt discutable, exigerait une langue et un système unique: illusion d’universalité qui ne ferait que tirer vers le bas la richesse culturelle des peuples européens par l’uniformisation et la médiocrité.
Chaque nation souveraine, chaque peuple constitué par l'histoire doit garder son identité. Une identité qui certes mute avec l’histoire mais qui, pour nos contemporains, va, par échelon de conscience, du local au régional, du national à l’européen. La citoyenneté européenne, avant la citoyenneté mondiale, n’est pas pour aujourd’hui ou du moins pas pour tout le monde.
Cette observation s'adresse tant aux courants eurosceptiques/critiques, qui vont des anti-européens aux alter-Européens sans projet concret, qu'aux fédéralistes. Les nations européennes doivent s’entendre au nom d’une paix durement acquise, mais aussi pour s’assurer une prospérité et une sécurité communes qui garantiront leur liberté au sein de la mondialisation. Ce qui passe par la définition d’un protectionnisme raisonnable du marché commun au sein d’une construction européenne de la coopération et non de la soumission.
Ce projet, cet effort, veulent inspirer la liberté et la prospérité, sous la forme d’une coopération, entre des peuples nés d’un même héritage civilisationnel, grâce au bouclier, à la "table ronde" de la Confédération européenne.
Le fédéralisme contre la liberté
Tout projet pour une renaissance française et européenne nécessite une opposition franche et motivée mais aussi constructive face au système actuel afin de voir émerger une autre Europe, à la fois redynamisée, protectrice, au service des peuples et fidèle à leurs identités et notre civilisation.
· Sortir de la passivité au cœur de cette Europe fédérale sans identité et à but simplement commercial et spéculatif.
L’actuelle construction européenne tend vers le fédéralisme en tant qu'un bloc commercial et spéculatif parmi d'autres dominé par l’idéologie ultra libérale et mondialiste. Raison pour laquelle une grande partie de l’élite européenne souhaite voir s’accélérer le processus fédéraliste (en plus de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne et d'autres extensions au Maghreb et au Moyen-Orient) avec des subterfuges à la limite du coup d’État, tel qu'avec feu le projet de Traité constitutionnel et de son clone, l'actuel traité de Lisbonne.
Cet objectif purement mercantile souhaite renforcer la « société de loisirs » où s’unifieraient des peuples du niveau local, régional et national en un territoire sans âme de travailleurs/chômeurs consommateurs. De façon pratique en terme institutionnel : une fédération, telle qu’envisagée à Bruxelles, dominera de plus en plus les nations pour en faire des entités semi autonomes dotées de gouvernement fantoches n’ayant plus de pouvoir. C'est cette dérive totalitaire qu'il nous faut éviter absolument.
· Réalité de la Constitution européenne ou de ce qui la remplace avec le Traité de Lisbonne.
Il n'est presque plus possible de faire marche arrière. Le Traité de Lisbonne est un cadenas institutionnel, la garantie pour les partisans du fédéralisme de ne pas voir remis en cause une future fédération par la décision unilatérale d’une nation « entité ». Les États membres se plient de plus en plus à tout et ne disposent pas vraiment du droit de sécession… qui est trop compliqué et surtout trop long et donc à la merci du premier revirement électoral
Ce lien vertical nuit ainsi brutalement à la liberté des nations et des peuples.
Par exemple, si pour des raisons nationales ou internationales sérieuses (guerres mondialistes, terrorismes, pandémies) la France, l’Autriche ou la Roumanie souhaiteraient ne pas suivre une politique européenne considérée comme contraire ou nuisant gravement à leurs intérêts, elles ne pourraient pas quitter la Fédération librement et devraient un peu plus se soumettre à la ruine, à l’injustice et à la guerre.
L'Europe devrait être le contraire d'un ordre sans souplesse imposant une soumission antidémocratique à des États indirectement inféodés au mondialisme et/ou à d'autres puissances mondiales.
La Confédération, un compromis nécessaire ?
Assurer la liberté, l'identité des Européens et le progrès d’une civilisation
Au nom de la liberté et de la démocratie, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et pour permettre une nécessaire construction européenne, le choix de la confédération semble intéressant. Pour sensibiliser la frange des eurosceptiques souhaitant un repli des nations, donc la mise à mort de l’idée de solidarité européenne alors qu’en certains domaines, les Européens sont préoccupés par les mêmes soucis socio-économiques et menacés par les mêmes dangers internationaux. Il est possible de trouver une troisième voie entre l'isolationnisme patriotique et une bureaucratie supranationale.
Il ne s’agit pas de faire de l’Europe une "forteresse", terme habile des ennemis de l'Europe réelle. Il s’agit d’abord d’empêcher la destruction culturelle, économique, spirituelle et politique de notre continent et de ses peuples. Il s'agit surtout d'insuffler aux peuples européens la volonté de rester dignes, de reprendre confiance en leur permettant de rester libres et maîtres de leur destin.
Définition de la Confédération européenne
Tout concept nécessite une définition.
Proposons celle-ci :
"La Confédération européenne maintient l’association d’États par une Charte ou un Traité. Elle permet l’exercice de certaines compétences en commun, par le biais d’organes communs destinés à coordonner leur politique dans un certain nombre de domaines, sans constituer un nouvel État superposé aux États membres."
On retrouverait cette définition au sein d'un préambule
" La Confédération européenne est une association libre d’États nations Européens Le Traité/Charte confédéral définit la méthode institutionnelle de coopération permettant l’égalité des nations, le maintien de la paix et une prospérité durable.
La Confédération européenne a pour but de mettre au service de tous le meilleur de chacun "
Cette définition indique clairement qu’elle est à l’opposé de celle du fédéralisme.
Ce modèle de confédération n’est pas une étape menant à la Fédération, comme ce fut le cas en Suisse. Son modèle est différent et trouve sa garantie de stabilité du fait de la nature même de l'Europe. Outre sa taille, il y a le facteur de sa très grande diversité. Une diversité tant culturelle que linguistique, spirituelle, économique et politique. Ce fait doit être considéré comme un gage nous mettant à l'abri d'une harmonisation tous azimuts absurde, antidémocratique et faite à marche forcée.
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